Par Carole Burrell

Une croyance est une « quasi-idée », autrement dit une certaine lecture de la réalité qui ne procède que très indirectement d’une perception, ou d’une information du dehors et qui peut même travestir, voire nier, l’objectivité d’une expérience.

« La vie est dure », « c’est facile de changer », « j’ai de la chance »…

En thérapie et en coaching, nous travaillons très souvent sur les croyances limitantes mais aussi sur les croyances utiles à mettre en place pour faciliter le changement désiré ou l’atteinte de l’objectif ciblé.

Croire est un phénomène universel qui concerne tous les individus. Une croyance est tout simplement une idée ou un principe que l’on juge vrai et que l’on projette sur notre représentation conceptuelle de la réalité.

Tout comme nos empreintes digitales ou les iris de nos yeux, notre système de croyances est unique et c’est un processus mental qui influence fortement nos comportements, notre attitude et même parfois nos valeurs (ce que nous jugeons bon ou mauvais).

On pense parfois qu’une croyance est issue d’un raisonnement intellectuel linéaire et rationnel mais c’est totalement faux.

La croyance répond à un besoin qui semble s’ancrer profondément dans l’individu, et ne peut être gérée aussi librement que la notion de libre arbitre le laisserait imaginer. La croyance étant consécutive au fonctionnement d’un ensemble de schèmes qui se sont ancrés à un niveau de fonctionnement automatisé dans l’esprit, ce phénomène est largement inconscient dans les actions ordinaires.

Nos sentiments positifs ou négatifs au sujet des personnes, des choses et des idées surviennent bien plus rapidement dans notre cerveau (en millisecondes), que le résultat de notre raisonnement conscient sur ces même personnes, choses ou idées. Soit assez rapidement pour être détectés par un électro-encéphalogramme, mais bien avant que l’information remonte à la conscience.

Ce n’est pas notre raisonnement logique qui renforce nos croyances et les comportements qui vont en découler, mais bien les liens émotionnels qui y sont rattachés.

Il en résulte un effet de sélection automatique. C’est à dire que notre cerveau repousse toutes idées contraires à nos croyances et, d’un autre côté, accumule le maximum d’informations qui renforcent et valident ces mêmes croyances.

Les neurosciences suggèrent qu’il existe « un raisonnement motivé » qui est distinct du raisonnement que l’on pourrait avoir sans aucune charge émotionnelle.

Les recherches en sciences sociales suggèrent de leur côté que le raisonnement en dehors de toutes contradictions est psychologiquement plus facile que de réviser ses émotions. En quelque sorte, les émotions sont montrées comme colorant les « faits » qui sont perçus. les émotions arrivent en premier et les évidences sont majoritairement utilisées au service de ces émotions. Celles qui soutiennent nos croyances sont acceptées, celles qui les contredisent sont rejetées.

En hypnose, nous utilisons souvent les métaphores de « filtres » ou de « lunettes » pour représenter ce raisonnement motivé.

Les croyances ne sont qu’un des cadres plus large dans lesquels notre comportement s’inscrit. Quand on croit profondément à quelque chose, cette croyance guide notre comportement.

Mais une croyance sur une émotion peut-elle avoir une influence directe sur notre corps ?

Pour un début de réponse, je vous invite à regarder la vidéo ci-dessous.

Le Stress. Il fait battre votre cœur, accélére votre respiration et vous donne des suées. Mais alors que le stress a été désigné comme un ennemi de la santé publique, de nouvelles recherches suggèrent que le stress n’est mauvais pour vous que si vous croyez que c’est le cas. La psychologue Kelly McGonigal nous enjoint de voir le stress comme un élément positif, et nous initie à un mécanisme méconnu de réduction du stress: aller vers les autres.

La bonne nouvelle est que nous pouvons tous choisir ce à quoi nous voulons croire !

Même s’il n’est pas toujours facile d’admettre une croyance et de la transformer, L’HYPNOSE et la PNL offrent de nombreuses possibilités dans ce domaine. Leur action reconnue sur une partie plus inconsciente de notre être permet ainsi de profonds changements au service de notre mieux être.

 

Carole Burrell